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  • Jerome Puech

Juliette, expatriée à Mayotte

Infirmière à Nîmes, Juliette a décidé de partir un temps sur l’île de Mayotte (département français). Elle vit en colocation avec une collègue et nous fait partager son rêve et son métier d'infirmière dans la plus grande maternité d'Europe !


Une à Nîmes : pourquoi as-tu fait le choix de travailler à Mayotte ? Est-ce parce que c’est l’endroit où il y a le plus de naissances en Europe ?

Juliette : Presque 10 000 naissances par an ! C’est pour ce chiffre que je suis venue. Je voulais voir de près cette « usine à bébés » comme l’ont dit ici. Et puis le lagon m’a aussi fait venir, on ne va pas se mentir. C’est le plus grand lagon fermé au monde, un autre record.

Une à Nîmes : quel est ton quotidien ?


Juliette : il se partage entre les nombreuses heures de garde au Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) et le lagon. Je plongeais toutes les semaines avant le confinement. La barrière de corail est incroyable, très préservée. Je fais aussi beaucoup d’apnée et de Palmes, Masques et Tuba (PMT). Je vais nager avec les tortues toutes les semaines. J’ai déjà vu des éclosions et une ponte en pleine nuit.

Une à Nîmes : quelles sont les choses incontournables à voir à Mayotte ?


Juliette : tout le lagon vaut le détour. Les petits îlots sur lesquels on se fait déposer par les pêcheurs mais aussi les plages populaires où l’on se retrouve tous les week-end : N’Goujat, Sakouli. Là encore on prend nos masques et l’on se noie dans le turquoise. Il y a aussi des randonnées à faire mais il vaut mieux attendre que la saison des alizées revienne. Ma préférée c’est de monter le Mont Chougini car d’en haut on voit toute l’île mais pas Nîmes.

Une à Nîmes : justement, est-ce que Nîmes te manque ?

Juliette : Oui bien sur. Les gens que j’aime, la culture, la féria. C’est cliché mais les rares nîmois croisés ici ne parlent que de cela. La brandade de morue aussi mais j’arrive à m’en faire ramener de temps à autre. Je rêve de prendre l’apéro aux halles un dimanche avec une fougassette aux gratons et un petit rosé qui va bien. La végétation me manque aussi : la garrigue, la Provence et les odeurs de printemps. Ici c’est toujours pareil covotras et baobab (mon arbre préféré). Pour garder le lien, je communique par Messenger. Mes amis m’envoient des photos des arènes ou des choux de chez Perras.

Une à Nîmes : comment est la vie la bas ?


Juliette : la vie est très différente. On vit beaucoup en groupe. On est tous en coloc à cause de la difficulté à se loger. Comme l’île connaît de gros problèmes d’insécurité, on bouge toujours à plusieurs. Un jour Off est une journée où l’on se retrouve à 20 sur un catamaran ou sur une plage du sud pour prendre le petit déjeuner en sortie de garde. Avant le confinement, on ne trainait jamais chez nous. En plus chez moi, j’ai un bout de jardin et une petite jungle. Et surtout, j’ai la visite des makis toutes les après midi à l’heure du goûter. Une tribu de lémuriens a pris ses habitudes chez nous. Le seul point commun avec Nîmes est sans doute l’ensoleillement.


Une à Nîmes : comment vis-tu la crise sanitaire ?


Juliette : Le confinement face au lagon est un privilège. L’hôpital, c’est comme en métropole on fait de notre mieux avec les faibles moyens dont on dispose. L’épidémie de COVID 19 est mieux contenue qu’en France pour le moment. On prie pour que cela reste ainsi. La moitié de la population a moins de 18 ans alors on espère que cela limitera les effets. En attendant, on fait face pour accueillir le surplus de patients.

Propos recueillis par Jérôme Puech








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Une à Nîmes

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© 2018 Créé par Jérôme Puech

 

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